Arrêté en Italie : ce qui se passe et ce qu’il faut faire
Une arrestation en Italie doit être examinée par un juge dans les 96 heures. Jusqu’à cette audience presque rien n’est décidé, et ce que vous dites avant peut peser sur toute la suite. Vous avez le droit de vous taire et le droit à un interprète : servez-vous des deux.
Ce qu’il faut faire maintenant
Six choses, dans cet ordre.
- Dites que vous voulez un avocat, puis taisez-vous. Vous n’avez pas à vous expliquer, et une explication donnée sans conseil, par un interprète que vous n’avez pas choisi, est précisément ce qui sera utilisé ensuite.
- Demandez un interprète. Pas un policier qui parle un peu français : un interprète. C’est un droit, pas une faveur.
- Ne signez rien que vous n’ayez pas compris. Une signature apposée sur un acte illisible est très difficile à défaire.
- Donnez un contact. Un nom, un numéro. Cette personne peut mandater un avocat pour vous dans l’heure.
- Demandez que votre consulat soit prévenu si vous le souhaitez. C’est votre choix, ce n’est pas automatique.
- Notez l’heure. Le délai qui compte court à partir de l’arrestation, pas de l’arrivée au commissariat.
Ce que vous ne faites pas dans les premières heures compte davantage que ce que vous faites. Il n’existe aucun cas où s’expliquer au commissariat donne un meilleur résultat que se taire et attendre son avocat.
Les premières 48 heures
La séquence est courte et fixée par la loi.
La police doit informer le parquet sans délai. Le procureur dispose alors de 48 heures à compter de l’arrestation pour saisir le juge d’une demande de validation. Le juge doit tenir l’audience dans les 48 heures suivant cette demande. La limite extérieure est donc de 96 heures, et en pratique c’est souvent plus court.
À cette audience, trois choses se jouent en même temps : le juge apprécie la régularité de l’arrestation, décide si vous restez détenu, êtes remis en liberté ou placé sous une mesure moins contraignante, et vous entend si vous souhaitez être entendu. Votre avocat doit être présent. C’est le premier moment où le dossier peut réellement bouger, et c’est aussi celui où la plupart des étrangers arrivent sans avoir choisi personne.
Si vous lisez ceci pour quelqu’un d’autre
Vous n’êtes probablement pas en Italie, et vous ne savez peut-être pas où la personne est retenue. Vous pouvez agir aujourd’hui.
- Vous pouvez mandater un avocat en son nom. La confirmation par l’intéressé intervient au premier parloir ; elle n’a pas besoin de précéder.
- Un avocat peut identifier le commissariat ou l’établissement pénitentiaire, le parquet saisi et la date de l’audience de validation. Cet appel prend quelques minutes et vous ne pouvez pas le passer depuis l’étranger.
- Vous n’avez pas besoin de voyager. Rien, dans les 48 premières heures, n’exige votre présence physique en Italie.
- De l’argent peut être adressé à une personne détenue, selon une procédure propre à chaque établissement.
La chose la plus utile reste de faire désigner un avocat avant l’audience de validation, et non après.
Choisir et mandater un avocat
L’Italie désigne d’office un avocat si vous n’en avez pas choisi. C’est un avocat à part entière, tenu des mêmes obligations, mais il est désigné dossier par dossier, ne parle pas nécessairement français et n’est pas choisi par vous.
Vous pouvez le remplacer à tout moment, y compris à l’audience de validation. Le faire avant vaut mieux que le faire après.
Si vous êtes hors d’Italie, la désignation se fait par courriel et signature ; aucun déplacement n’est nécessaire.
Ce qui change par rapport au droit français
Il n’y a pas de garde à vue au sens français. Ce qui s’en rapproche est le fermo ou l’arresto, tous deux soumis à la validation d’un juge dans les 96 heures. Il n’existe pas de durée de 24 heures renouvelable décidée par le parquet.
Trois autres repères qui ne se transposent pas.
- Il n’y a pas de juge d’instruction. L’enquête est dirigée par le procureur ; le juge des enquêtes préliminaires contrôle mais n’instruit pas. Il n’y a donc personne à qui demander une mise en examen ou des actes d’instruction au sens français.
- La liberté sous caution n’existe pas. Le juge choisit entre liberté, mesure non privative de liberté et détention. L’argent n’y joue quasiment aucun rôle.
- Les poursuites sont obligatoires. L’article 112 de la Constitution impose au parquet d’exercer l’action pénale : il n’y a pas d’opportunité des poursuites, donc pas de classement en opportunité, et pas de négociation sur le principe même des poursuites.
Questions fréquentes
Que faire si je suis arrêté en Italie ?
Dites que vous voulez un avocat et taisez-vous. Demandez un interprète, ne signez rien que vous n’ayez pas compris, et donnez un contact qui pourra mandater un avocat. Un juge doit examiner l’arrestation dans les 96 heures.
Combien de temps la police italienne peut-elle me retenir ?
Le procureur doit saisir le juge dans les 48 heures suivant l’arrestation, et le juge doit statuer dans les 48 heures suivantes. La limite extérieure est donc de 96 heures à compter de l’arrestation.
Ai-je droit à un appel téléphonique en cas d’arrestation en Italie ?
Vous avez le droit de faire prévenir un proche et, si vous êtes étranger, de faire informer votre consulat. Ce n’est pas présenté comme un appel unique et la police peut effectuer le contact pour vous.
Qu’est-ce que l’audience de convalida dell’arresto ?
C’est l’audience où un juge apprécie la régularité de l’arrestation et décide du maintien en détention. Elle intervient dans les 96 heures, votre avocat doit y être présent, et vous pouvez y être entendu si vous le souhaitez.
Dois-je être présenté à un juge après l’arrestation ?
Oui. L’audience de validation a lieu quoi qu’il arrive et vous y êtes conduit. Ce qui reste facultatif, c’est de répondre aux questions une fois sur place.
Quelle différence entre arresto et fermo ?
L’arresto suit une infraction flagrante ou très récente. Le fermo suppose des indices graves et un risque de fuite, sans flagrance. Les deux passent devant un juge dans le même délai.
Puis-je être arrêté pour des faits antérieurs à mon entrée en Italie ?
Oui, si un autre État a émis un mandat d’arrêt européen ou une demande d’extradition, ou si l’Italie est compétente. L’arrestation à la frontière ou dans un aéroport sur un mandat ancien est fréquente.
Un proche est arrêté en Italie : qui peut agir en premier ?
Un avocat mandaté depuis l’étranger par un proche peut localiser la personne, identifier le parquet et se présenter à l’audience de validation. Rien de tout cela n’exige que l’intéressé ait déjà signé quoi que ce soit.
Textes applicables
- Art. 380-391 c.p.p. (arrestation, fermo, validation)
- Art. 143 c.p.p. (interprète)
- Art. 36 de la Convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires
Vérifié le 15/08/2026. Les peines prévues par le droit italien évoluent ; si vous lisez cette page longtemps après, demandez-nous confirmation.
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