Défense pénale en Italie — joignable 24 h/24

Le mandat d’arrêt européen en Italie

Me Massimo Romano · mis à jour le 15/08/2026

Seule la cour d’appel statue sur un mandat d’arrêt européen. Les motifs de refus sont limitativement énumérés et les délais sont brefs. Ce n’est pas une extradition, et c’est précisément pour cela que la procédure va si vite.

Ce qui se passe réellement

Le mandat d’arrêt européen est une décision judiciaire prise dans un État membre et exécutée par l’autorité judiciaire d’un autre. Aucun gouvernement n’intervient. En Italie, la juridiction compétente est la cour d’appel du ressort où vous avez été trouvé.

Il a remplacé l’extradition entre États membres parce que l’extradition mobilisait des ministères, de la diplomatie et des années. La remise se compte en semaines.

Deux types existent, et la différence commande toute la stratégie. Un mandat aux fins de poursuite vise un procès qui n’a pas eu lieu. Un mandat aux fins d’exécution vise l’exécution d’une peine déjà prononcée. Les moyens de défense ne sont pas les mêmes.

Vos options

Trois positions, réellement distinctes.

  • Consentir à la remise. Rapide, et la détention subie est imputée. Cela met aussi fin au débat, et le consentement est en principe irrévocable.
  • S’opposer. Uniquement sur les motifs énumérés. Plaider l’innocence n’en fait pas partie : la culpabilité relève de l’État d’émission.
  • Accepter la remise en négociant ses conditions — le plus souvent la garantie qu’un résident sera renvoyé en Italie pour y purger la peine.

Pour 32 catégories d’infractions, l’État d’exécution ne vérifie pas la double incrimination. Hors de cette liste il la vérifie, et c’est souvent là que se trouve un moyen.

Au procès

L’audience se tient devant la cour d’appel, en chambre du conseil, avec le procureur général, votre avocat et vous si vous comparaissez. La cour ne rejuge pas les faits. Elle vérifie la régularité du mandat et l’existence d’un motif de refus.

Les motifs qui prospèrent en pratique : prescription selon la loi italienne lorsque l’Italie est compétente ; autorité de la chose jugée à l’étranger sur les mêmes faits ; détournement de finalité du mandat ; condamnation par défaut sans garanties suffisantes ; enfin risque réel de traitement inhumain ou dégradant dans l’État d’émission. Ce dernier moyen a prospéré dans des affaires réelles, mais il suppose des éléments sur des établissements précis, pas une affirmation générale.

Ce qui change par rapport au droit français

Ce n’est pas une extradition, et le vocabulaire induit en erreur. Il n’y a pas de phase ministérielle, pas de décret, pas de pouvoir d’appréciation politique. La cour applique une liste fermée de motifs.

Pour un lecteur français, la chambre de l’instruction est l’équivalent fonctionnel de la cour d’appel italienne dans cette procédure. La différence tient au calendrier : la procédure italienne est plus resserrée, et le temps pour réunir des pièces sur les conditions de détention ou l’ancrage familial est très court.

Si vous lisez ceci pour quelqu’un d’autre

Les délais sont la raison d’agir aujourd’hui plutôt que cette semaine. Une personne arrêtée sur mandat est présentée rapidement et l’ensemble peut être terminé en moins de deux mois.

Ce qu’un proche à l’étranger peut réunir immédiatement : les justificatifs de résidence et d’attaches familiales en Italie si l’objectif est d’y purger une éventuelle peine ; le dossier médical si l’état de santé est en cause ; et tout élément sur la procédure suivie dans l’État d’émission, en particulier si une condamnation a été rendue sans que la personne en ait eu connaissance.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un mandat d’arrêt européen ?

C’est une décision judiciaire émise par un État membre et exécutée par un autre, aux fins de remise pour poursuite ou exécution d’une peine. Il a remplacé l’extradition entre États membres et n’implique aucun gouvernement.

Puis-je être remis depuis l’Italie sur mandat d’arrêt européen ?

Oui. La cour d’appel statue. Elle n’examine pas votre culpabilité : elle vérifie la régularité du mandat et l’absence de motif de refus. La culpabilité relève de l’État d’émission.

Puis-je être arrêté pour des faits antérieurs à mon entrée en Italie ?

Oui. Un mandat émis par un autre État membre s’exécute en Italie quel que soit le lieu des faits, et l’arrestation dans un aéroport sur un mandat existant est fréquente.

Qu’est-ce que la règle de spécialité en matière d’extradition ?

Une fois remis, vous ne pouvez en principe être poursuivi que pour les faits visés par le mandat. Poursuivre pour des faits antérieurs différents suppose l’accord de l’État qui vous a remis.

Textes applicables

  • Loi n° 69 du 22 avril 2005
  • Décision-cadre 2002/584/JAI
  • D.lgs. n° 10 du 2 février 2021

Vérifié le 15/08/2026. Les peines prévues par le droit italien évoluent ; si vous lisez cette page longtemps après, demandez-nous confirmation.